Pédagogie

Définition

La ligne pédagogique d’une institution symbolise les valeurs, les objectifs et les actions mises en place par l’équipe éducative et la direction auprès des enfants et des familles.
Les collaborateurs qui travaillent à l’UAPE Les P’tits Bouchons s’engagent à en respecter le contenu, dans le but d’offrir aux enfants et aux familles le soutien, le bien-être et la stabilité nécessaires à leur épanouissement.
Enfin, elle est évolutive dans le temps.

Présentation de l’institution :

L’UAPE Les P’tits Bouchons a été créée en 2013 au sein du bâtiment scolaire de Féchy et accueille les enfants de la 1ère à la 6ème Harmos.
Elle est chapeautée par l’Association à but non lucratif, l’AEMA (accueil de l’enfance Montherod-Aubonne), qui assure également la gestion de 3 autres structures:
  • L’UAPE Le Rendez-Vous à Aubonne
  • L’UAPE Marais’cré à Gimel
  • La Nurserie-garderie Cupidon, à Montherod.
Les P’tits Bouchons fait partie du réseau AJEMA.
En outre, elle possède une autorisation d’exploiter pour 48 enfants, délivrée par l’office de l’accueil de jour (OAJE).

Durant les périodes scolaires, les P’tits Bouchons offrent à ce jour :
  • 12 places d’accueil le matin avant l’école (7h00-8h30)
  • 36 ou 48 places pour les repas de midi (11h50-13h45)
  • 24 ou 36 places pour les après-midi (13h45-18h30)
  • Le mercredi, la structure est fermée.
Durant les vacances scolaires, l’UAPE est fermée. Les parents qui le désirent peuvent inscrire leur enfant au Rendez-Vous à Aubonne, qui reste ouverte de 7h00 à 18h30 sans interruption (hormis les vacances entre Noël et Nouvel-An, ainsi que trois semaines en été). Cette prise en charge fait l’objet d’une facture séparée de la facture mensuelle habituelle concernant la prise en charge effectuée aux P’tits Bouchons.

Le personnel des P’tits Bouchons est composé de
  • 1 directrice
  • 1 secrétaire administrative
  • 1 éducatrice diplômée HES
  • 1 ASE
  • 2 auxiliaires
  • 1 stagiaire préalable
  • 1 apprenti(e) assistant(e)-socio éducatif/ve
  • 1 poste d’intendante
  • Il nous arrive également d’accueillir des stagiaires pour un temps plus court, par exemple qui viennent de l’OSEO (œuvre suisse d’entraide ouvrière) ou voulant découvrir le métier d’éducateur/trice de la petite enfance.
Pour assurer une bonne cohérence tant au niveau de ses actions que de ses réflexions, le personnel éducatif se réunit une fois par semaine sur un temps dit « hors présence enfants». Ce temps de colloque sert à améliorer, revoir, réorganiser parfois le fonctionnement de certains moments de la journée. Il sert également à échanger autour de situations problématiques que l’équipe éducative peut parfois rencontrer. Autant le regard se veut collectif sur l’ensemble du groupe, autant chaque enfant est différent et il est important de pouvoir offrir un regard et une prise en charge unique à chacun.

De plus, l’UAPE les P’tits Bouchons favorise la formation continue. Elle peut se faire en se rendant dans un lieu, souvent une école, qui propose des thématiques liées à l’action sociale, soit en mandatant un prestataire externe, qui vient directement à l’UAPE donner une conférence sur un sujet donné. Il peut s'agir de prolongements de la formation initiale ou de spécialisations. La formation continue permet au personnel éducatif d’enrichir ses compétences et de permettre un regard neuf sur le quotidien. Il nous arrive souvent de réunir les 3 UAPE membre de l’Association AEMA lorsque nous accueillons des intervenants externes : d’une part, l’ensemble des 3 équipes éducatives peuvent en bénéficier, et d’autre part, cela permet aux équipes de se rencontrer et d’échanger sur leurs pratiques et leurs modes de fonctionnement. Des ateliers sont souvent proposés ainsi que des analyses de pratique.

Pour favoriser une bonne communication entre les membres de l’équipe, les horaires sont aménagés de manière commencer son service un bon quart d’heure avant l’arrivée des enfants. Ce temps est précieux, car il permet à l’équipe de se transmettre les informations qui seront utiles au bon déroulement de la journée.

Le personnel éducatif dispose également d’une bibliothèque où il peut emprunter des livres. Chaque année, notre bibliothèque s’enrichit et permet aux éducateurs et aux personnes en formation (stagiaire, apprenti) d’enrichir leur réflexion et leur mode d’action.

Bien entendu, le personnel éducatif est tenu au secret professionnel et ce qui est partagé n’est jamais divulgué en dehors de l’institution.

Mission de l’institution :

Le rôle principal de l’institution est de prendre en charge les enfants en dehors des temps scolaires, afin de permettre aux parents de concilier vie professionnelle et familiale.

Le rôle de l’équipe éducative est d’accompagner les enfants dans les différents moments de la journée : repas, leçons, jeux, développement des habiletés sociales etc.

La collectivité est un lieu complémentaire à la famille, où l’enfant va découvrir et expérimenter des apprentissages qu’il ne vit pas forcément à la maison, ou du moins différemment. Aux expériences faites dans le cadre de la collectivité viendront s’ajouter celles faites en famille. En aucun cas elles ne pourront les remplacer.

Le personnel éducatif a également un rôle préventif et de dépistage à jouer : l’observation individuelle de chaque enfant, puis le partage en équipe ainsi qu’avec les parents, permettent d’adapter les actions et les interventions quotidiennes auprès de chaque enfant de manière différenciée et selon ses besoins.

L’UAPE Les P’tits Bouchons n’est pas seulement un lieu de garde mais aussi un lieu de détente et de plaisir pour l’enfant.
Le jeu est le travail de l’enfant (Jean Château). Aux P’tits Bouchons, il est important que l’enfant vive sa vie d’enfant et puisse exprimer et développer sa personnalité dans des conditions sereines et favorables à son épanouissement. Pour cette raison, nous adaptons régulièrement nos activités en fonction du besoin des enfants.

Les différents moments d’une journée :

7h00-8h30 le petit déjeuner : 1 adulte responsable (parfois accompagné de l’apprenti ou du stagiaire) accueille les enfants avant l’école. Ceux-ci ont la possibilité de prendre un petit déjeuner s’ils le souhaitent, avant 8 heures.
A 8h15, les enfants sortent dans la cour de l’école pour rejoindre le cortège mis en place par les enseignantes (première sonnerie et cortège à 8h25).

11h30 le moment du repas : 3 ou 4 adultes responsables, ainsi que l’apprenti et le stagiaire sont présents. Les enfants sortent de l’école à 11h50 et se rendent directement aux P’tits Bouchons. Les professionnels se chargent du contrôle des présences des enfants. Les éducateurs prennent les dispositions qui s’imposent lorsqu’un enfant n’est pas arrivé dans les 10 minutes après la fin de l’école (chercher l’enfant dans le bâtiment scolaire, chercher l’information vers l’enseignant de l’enfant, téléphoner aux parents, puis le cas échéant à la police).

Avant le repas, un moment de jeux libres est souvent proposé aux enfants, si le personnel encadrant réalise que le groupe d’enfants en a besoin avant de passer à table, puis les enfants sont appelés pour se laver les mains.

Une fois leurs mains lavées, les enfants prennent place de manière libre aux tables. Toutefois, si l’éducateur juge un changement nécessaire, il est libre de l’effectuer après en avoir expliqué les motifs à l’enfant. Une fois tous les enfants assis, c’est souvent un moment propice pour le personnel éducatif de passer une annonce/une information. Elle est faite par chacun des membres de l’équipe éducative en tournus et il est possible pour un enfant de s’exprimer s’il le désire, à ce moment-là.

Les enfants sont ensuite appelés table après table pour venir se servir. Au premier service, le personnel éducatif sert les enfants en petite quantité, dans l’idée de goûter à tout. Il propose, suggère mais jamais ne rentre dans une relation de force autour de l’alimentation. Chaque enfant doit avoir la possibilité de tester et mettre en place ses propres goûts alimentaires. C’est à travers sa relation avec chaque enfant que l’éducateur stimule l’enfant, l’encourage à manger, modère les trop grandes envies mais ne force jamais un enfant à manger : la décision finale appartient à l’enfant. Il veillera également à ce que les quantités servies correspondent aux possibilités de chacun. Le cas échéant, c’est à nouveau à travers sa relation avec l’enfant qu’il le guidera à différencier sa réelle faim de ses envies gourmandes.

Les enfants ont la possibilité d’avoir deux « bonus ». Ces bonus sont un aliment choisi par l’enfant, qu’il ne désire pas du tout avoir dans son assiette, même en infime quantité. Cela permet à l’enfant de se sentir écouté et respecté dans ses choix et dans sa personnalité. Un enfant qui change d’avis et qui voudrait finalement manger l’aliment qu’il avait qualifié de « bonus » peut bien évidemment le faire.

Les adultes se servent en dernier et prennent place auprès des enfants. A partir de ce moment, les enfants peuvent se resservir seuls, sous le regard attentif de l’adulte.

A la fin du repas, un ou des enfants nommés « responsables de table » au début du repas déposent assiettes et couverts des enfants de leur table sur la desserte mise à leur disposition. Puis, table par table, chaque groupe d’enfants débarrasse son verre, qu’il pose à l’envers sur le bac à verres et va se brosser les dents.

Un adulte les attend au coin « brosses à dents ».

Jusqu’à 13h30, les enfants jouent librement dans les divers espaces à leur disposition : coin construction (voitures, légos, kaplas, playmobiles, train en bois etc), jeux symboliques (poupée, dinette, établi pour bricoler, petites figurines, déguisements etc), coin lecture, coin bricolage (perles, collages, coloriages, dessin, peinture, etc). Les enfants ont la possibilité de bricoler et de dessiner seul et l’adulte se tient à leur disposition si ces derniers le sollicitent pour un bricolage particulier. Le personnel éducatif propose également, sans imposer, des bricolages accompagnés.
Les enfants ont également un grand besoin de bouger, c’est pourquoi les jeux extérieurs ont une grande importance à l’UAPE. Nous partons du principe qu’avec des habits adéquats, nous sortons par tous les temps. Jeux de balles, corde à sauter, jeu du mouchoir, de la marelle, de cache-cache, place de jeux, terrain de football, les enfants ont un terrain de jeu vaste dont ils profitent pleinement. Pour des raisons pratiques et de sécurité, sur le temps de midi, les trottinettes et autres jeux à roues sont interdits et sont réservés pour l’après-midi, où moins d’enfants sont présents dans la cour. Lorsque le temps est vraiment trop mauvais, les enfants sont autorisés à jouer dans le hall de l’école, en la présence d’un adulte, qui cadre le jeu et le bruit.

13h30 la première partie de l’après-midi : tous les enfants sortent dans la cour de l’école pour rejoindre le cortège mis en place par les enseignantes (première sonnerie et cortège à 13h40). L’école reprend à 13h45.

Pendant ce temps, les enfants de 1 ou 2P qui n’ont pas l’école l’après-midi restent au sein de l’UAPE. Les enfants qui en ont besoin peuvent se reposer sur un matelas. Ce peut être également un moment d’activité libre ou accompagnée de l’adulte (ballade, ateliers cuisine, jeux de société, lecture, etc.).

15h15 la deuxième partie de l’après-midi : 2 ou 3 adultes responsables, ainsi que l’apprenti et le stagiaire sont présents. Les enfants sortent de l’école et se rendent directement aux P’tits Bouchons.
A nouveau, les professionnels se chargent du contrôle des présences des enfants et prennent les dispositions qui s’imposent lorsqu’un enfant n’est pas arrivé dans les 10 minutes qui suivent la fin de l’école.

15h45 environ : le goûter : il débute toujours par une assiette de fruits, et est suivi par une collation variée et adaptée aux besoins journaliers des enfants. (céréales, pain, confiture, fromage, yogourts, dips de légumes, cakes, mets parfois préparés par les enfants au préalable, ...). Quand la météo le permet, il nous arrive de le prendre à l’extérieur, dans la cour de l’école.

16h30-17h15 environ : les devoirs : les enfants ont la possibilité d’effectuer en partie leurs devoirs à l’UAPE. Cela signifie que nous offrons un temps de 30 à 45 minutes environ après le goûter, pour que les enfants puissent avancer dans leurs devoirs. Les éducateurs ont pour rôle d’offrir aux enfants un moment tranquille et propice à la concentration mais ne sont pas tenus/es de contrôler les devoirs comme le feraient leurs enseignants ou leurs parents. Le contrôle du carnet journalier, la vérification des devoirs ainsi que la relation avec les enseignants incombent aux parents.

Une fois le moment de devoirs terminé, les enfants disposent de leur temps pour jouer librement et profiter des activités qui leur sont proposées. En fonction de la météo, comme expliqué précédemment, le personnel éducatif organise le plus souvent possible des moments de jeux à l’extérieur. A ce moment-là, vélos, trottinettes, rollers, et autres jeux à roues sont autorisés, pour autant que les enfants portent leur casque.

Les départs s’échelonnent jusqu’à 18h30, heure de fermeture.

Le personnel éducatif se tient disponible pour aborder un moment de la journée de l’enfant (repas, relations sociales, etc.) si son parent le souhaite.
Pour bénéficier d’un retour détaillé sur la journée de son enfant, le parent arrive avant l’heure de fermeture. Si l’éducateur manque d’éléments pour répondre à la demande du parent, il sollicitera ses collègues et pourra ainsi revenir vers le parent avec des informations plus détaillées le jour suivant.

Nos valeurs éducatives :

Le travail au quotidien avec les enfants est axé sur certaines valeurs fondamentales telles que :
  • La relation parents-équipe éducative
  • L’importance du jeu
  • Un cadre clair
  • Une alimentation saine
  • L’écoute, le respect de soi et des autres
  • La prévention
  • L’autonomie et la socialisation
  • Le mouvement
L’idée de base véhiculée tout au long de ce document est d’amener l’enfant à une certaine autonomie et connaissance de soi.

LA RELATION ENTRE LES PARENTS ET L’EQUIPE EDUCATIVE

Respecter l’enfant, c’est avant tout respecter la famille dont il est issu.

Il est primordial de tisser des liens de confiance qui débutent dès la première rencontre et qui s’entretiennent régulièrement par des échanges plus ou moins fréquents.

Les parents sont ceux qui connaissent le mieux leurs enfants et ce sont eux qui aideront l’équipe à repérer ses habitudes et à découvrir sa personnalité.

Un échange quotidien lors du départ de l’enfant permet d’entretenir la relation.

Les parents sont libres de demander un entretien à l’éducateur/trice s’ils en ressentent le besoin.

L’équipe est à l’écoute des parents et peut lors de moments difficiles les orienter vers un réseau d’aide. D’autre part elle est prête à collaborer avec des partenaires sociaux qui font partie de la vie des enfants tels que les enseignants, l’infirmière scolaire, les psychologues, etc... Ce partenariat est indispensable pour avoir un regard commun sur l’enfant. C’est un travail de complémentarité.

L’IMPORTANCE DU JEU :

Le jeu est plus qu’une source de plaisir ou de divertissement pour l’enfant, il permet le développement d’habiletés motrices, affectives, sociales, cognitives et langagières, nécessaires pour assurer le développement global et harmonieux de l’enfant.
Par exemple, c’est en situation de jeu que l’enfant apprend à négocier avec ses pairs : à quoi jouer, qui peut jouer, quand commencer ou quand s’arrêter, les règles communes du jeu, le compromis, la coopération et la manière de régler les conflits pouvant survenir.
Le jeu constitue pour lui le moyen par excellence d’explorer le monde, de le comprendre, de l’imaginer, de le modifier et de le maîtriser. À ce titre, le jeu doit être considéré comme l’outil principal par lequel l’enfant s’exprime, apprend et se développe.
Jean-Jacques Rousseau soutenait que l’éducation à la petite enfance devait se faire dans le plaisir et passer par le jeu et un grand nombre d’approches en éducation à la petite enfance ont ensuite mis l’accent sur cet aspect.
Le jeu permet à l’enfant d’apprendre à faire des choix, ce qui l’amène à développer à la fois son autonomie, sa créativité et son estime de soi. Il lui sert aussi à affronter ses peurs et à vaincre les monstres qui emplissent son imaginaire. Il constitue enfin un exutoire grâce auquel l’enfant peut évacuer ses tensions et ses frustrations. (Claude Dugas Ph.D & Mathieu Point M.Sc ; portrait du développement moteur et de l’activité physique au Québec chez l’enfant de 0 à 9 ans)

Les activités libres. La ligne pédagogique des P’tits Bouchons met en valeur l’importance du jeu libre. En effet, la structure accueille les enfants entre les temps scolaires, durant lesquels ces derniers effectuent des activités structurées et intellectuelles. Lorsque nous accueillons l’enfant à l’UAPE, celui-ci a besoin de s’épanouir librement et selon ses envies du moment. Nous partons de l’idée qu’un enfant qui ne choisit pas aura difficilement conscience de ses capacités puisqu’on choisit pour lui ; il suivra alors le mouvement du groupe, alors qu’à travers ses choix, l’enfant découvre son potentiel et l’apprivoise. Il développe sa confiance en lui et apprend à négocier avec son entourage.

La tâche de l’équipe consiste à maintenir l’équilibre entre les besoins individuels et collectifs qui parfois se trouveront en opposition. La dynamique des activités oscille donc entre les désirs des enfants et la possibilité de les concrétiser. C’est à l’équipe de définir ce qui est possible ou non mais en principe les enfants ne sont pas obligés de suivre une activité.

Les activités libres se déroulent sous la surveillance de l’adulte, qui est disponible si l’enfant le sollicite et qui est disposé à intervenir dans le but d’assainir une situation lui paraissant critique. L’équipe essaie de ne pas interrompre systématiquement le jeu des enfants en édictant des règles. Si l’adulte est sollicité par un ou des enfants pour participer à son/leur jeu, il gardera en tête qu’il ne doit jamais prendre la place de leader, rôle qu’il laissera à l’enfant. Un éducateur qui dirige constamment les jeux des enfants par ses interventions ne leur permet pas de découvrir leur potentiel ni de se sortir de situations parfois difficiles mais qui font partie de la vie et de ses apprentissages. Les enfants, au lieu de réfléchir par eux- mêmes, de négocier vont probablement solliciter constamment l’adulte et de ce fait auront du mal à trouver la solution par eux-mêmes.

Des activités accompagnées peuvent être proposées en fonction des désirs de chacun, de la météo, du nombre d’enfants, parfois en fonction du degré d’excitation mais en règle générale l’enfant est libre d’y participer ou pas. Cependant pour diverses raisons il peut arriver que l’équipe intervienne dans ce choix mais toujours en veillant à expliquer ses motivations à l’enfant. Les activités proposées relèvent de l’imagination de l’équipe et en voici un petit aperçu : bricolages, peinture, perles, fabrication de bracelets, pâte à modeler, dessins, collages, découpages, cuisine, jeux de société, jardinage, expression corporelle (parcours de psychomotricité, danse, théâtre etc). Lors de ces activités, l’adulte aura en tête que l’enfant reste toujours sujet actif de son activité et respectera ses tâtonnements, ses expériences et n’aura pas d’attentes en termes de résultats esthétiques.

Dans sa relation à l’enfant, l’éducateur l’encourage lorsqu’il progresse, le soutient quand il le voit en détresse et le guide lorsqu’il s’égare. Le jugement de valeur n’a pas de place dans cette relation, tout est expérience.

UN CADRE CLAIR :

L’équipe pose un cadre correspondant aux besoins d’une collectivité.
Notre priorité est l’accueil et la prise en charge des enfants en temps extrascolaire. Pour que celle-ci soit de qualité, elle doit comporter une structure et des points de repère. Les règles de vie sont nécessaires pour créer un climat favorable pour l’enfant. Il pourra ainsi évoluer dans une certaine sécurité affective.

Les règles sont régulièrement discutées et rappelées lors de moments de groupe ou moments individuels afin que chaque enfant puisse les intégrer.

Le personnel encadrant a le devoir d’intervenir envers tous les enfants qui, par leur indiscipline ou par leur comportement inadapté, enfreignent les règles de vie de l’UAPE. En cas de non-respect des règles, nous privilégions le dialogue afin de permettre à l’enfant de comprendre son acte.

Toute sanction renvoie à une règle qui a été transgressée. Elle porte sur des actes et non sur l’enfant. Si l’enfant doit être repris par l’adulte, la sanction sera réparatrice et proportionnelle à la faute. Ainsi, l’action demandée sera responsabilisante socialisante et aura pour but de réintégrer l’enfant au sein du collectif. L’équipe éducative garde à l’esprit que l’enfant a droit à l’erreur. C’est en se trompant et en expérimentant qu’il grandit.

Nous appliquons 3 sortes de sanctions éducatives : la frustration, la mise à l’écart et la réparation.

La frustration, comme la mise à l’écart, a pour objectif un retour sur soi, un « ressourcement », une prise de conscience et non pas une exclusion vécue de manière humiliante. Mettre à l’écart, c’est donner à l’enfant les moyens de retrouver son calme et poser explicitement les conditions pour son retour : « quand la grande aiguille est sur... ».

La réparation éducative a pour but de rétablir une relation altérée par une souffrance commise de l’un sur l’autre. Elle tend à recréer du lien, de l’amitié. Réparer autrui, c’est aussi se réparer soi-même. Exemples : remplacement d’un objet brisé, nettoyage d’un sol sali, rangement d’une pièce en désordre, excuses ou dessin à un camarade insulté, etc.

Enfin, transgresser les règles fait partie de la construction de l’enfant et lui permet ainsi d’expérimenter, vérifier les limites, attirer l’attention, vérifier qu’on existe aux yeux d’autrui, s’opposer pour s’affirmer, exprimer des besoins qui ne sont pas entendus, remettre en question un fonctionnement, objecter pour faire évoluer le système.

UNE ALIMENTATION SAINE

Les besoins alimentaires d’un être humain sont multiples : ils sont non seulement d’ordre physiologique, mais également psychologique et émotionnel.
Les besoins physiologiques : se nourrir est un besoin vital. Les besoins nutritionnels de chaque enfant dépendent de sa taille, de son poids, de son âge et de ses activités.
Les besoins psychologiques et émotionnels : le plaisir et les émotions positives permettent d’atteindre le bien-être. Dans le domaine de l’alimentation, le plaisir de manger (ni trop, ni trop peu) est au centre d’une alimentation sereine. Pour cultiver ce plaisir, il est nécessaire de favoriser les expériences sensorielles liées aux aliments, de cultiver le partage et la convivialité des repas, de respecter et de valoriser les différentes pratiques culturelles.

Tous les aliments font partie d’une alimentation saine, tout dépend de leur proportion. Un aliment n’est donc pas une récompense, ni une punition.

Interdire l’accès à certains aliments considérés comme mauvais car trop gras ou trop sucrés ne fait qu’augmenter le désir de l’enfant d’en manger à la première occasion. Interdire n’est pas une solution. Toutefois, nous veillons à offrir aux enfants une alimentation la plus saine possible. Par exemple les enfants boivent de l’eau tout au long de la journée. Le sirop n’est proposé qu’en cas de journées exceptionnelles.

La notion de pyramide alimentaire et de composition nutritionnelle ne sont pas abordées avec les enfants dans le cadre des P’tits Bouchons. D’une part, les études démontrent que cette dernière n’est pas destinée aux enfants, d’autre part, qu’une approche nutritionnelle de l’alimentation avec les enfants n’a aucun impact à long terme sur les habitudes alimentaires. Par exemple, dire à un enfant qu’un aliment qu’il n’aime pas est « bon pour la santé » le conduit souvent à refuser cet aliment encore plus fortement.

A contrario, l’éducation sensorielle invite l’enfant à prendre conscience de ses sensations et l’éveille à une réflexion et à une communication sur ses perceptions qui lui permettent de dépasser « c’est bon » ou « beurk ».

La saine alimentation a également un effet sur les dimensions langagière et motrice du développement de l’enfant. Aux P’tits Bouchons, nous portons une attention particulière sur le fait de proposer aux enfants toutes sortes d’aliments stimulants (texture, saveur et odeur diversifiées) et en les amenant à exprimer de mieux en mieux leurs besoins, leurs préférences et leurs aversions alimentaires, avec un vocabulaire varié et dans le respect de l’opinion des autres.

Les moments des repas et des goûters représentent des moments propices à l’appropriation de la culture, des valeurs, des normes et des règles collectives de l’UAPE, ce qui contribue à la socialisation des enfants.

Le repas de midi nous est fourni par Eldora, dont les cuisines se trouvent au sein de l’école internationale d’Aubonne. Les plats sont composés d’une entrée (salades diverses et variées tant au niveau des couleurs que des saveurs, ou bien soupe), d’un repas chaud composé de protéine, de féculent et de légumes. Il se peut toutefois que le plat ne contienne pas de viande, mais globalement dans la semaine, les menus en contiennent. Enfin, Eldora nous fournit également un dessert.

Les enfants peuvent choisir de manger ou non leur dessert, en fonction de leur envie et de leur état de satiété. Nous partons du principe qu’en aucun cas l’enfant ne devrait être contraint à manger un aliment dont il n’a pas envie. Certains enfants arrivent à l’UAPE avec une certaine appréhension de la nouveauté et des différences alimentaires par rapport à ce dont ils ont l’habitude à la maison, puis peu à peu se mettent à goûter et à aimer. Ce rythme de progression appartient à l’enfant.

Le goûter est réfléchi et préparé par le personnel éducatif. Il débute toujours par une assiette de fruits, puis par une collation variée, parfois sucrée parfois salée. Le goûter est parfois choisi et préparé avec les enfants.

Lorsque le groupe d’enfant et l’atmosphère le permettent, nous proposons des goûters « sensoriels » aux enfants : les 5 sens sont en éveil, et le goûter se veut ludique pour tous :
  • Le toucher : les organes sollicités sont la peau, la bouche, les dents. Le toucher renseigne l’enfant sur la texture, la consistance, la température : glacé, froid, chaud, piquant, doux, dur, rugueux, granuleux, velouté, gras, sec, etc.
  • Le goût : les sensations perçues par la langue sont les saveurs : nous demandons aux enfants leur ressenti. Est-ce plutôt sucré, salé, acide, amer ?
  • L’odorat : il existe peu d’adjectifs concernant les odeurs. Elles sont souvent liées à un souvenir. Nous allons alors parler avec les enfants afin de partager ces souvenirs.
  • L’ouïe : lorsque l’enfant met l’aliment dans sa bouche, les stimulations auditives sont variées: l’aliment peut être croustillant, croquant, craquant, pétillant, etc. L’enfant peut également par exemple agiter une noisette dans sa coquille et deviner qu’à l’intérieur s’y trouve quelque chose.
  • La vue : si elle apporte un bon nombre d’informations utiles, elle peut aussi induire en erreur. Exemple, un aliment qui ne plaît pas visuellement peut avoir bon goût tout de même.
Dans ce type d’exercices, nous nous efforçons d’aller avec l’enfant au-delà de « j’aime / j’aime pas » et de se connecter à ses sensations pour se faire une idée plus réfléchie de l’aliment goûté.

Enfin, plusieurs enfants ne font pas l’association entre un aliment à « l’état brut » et ce même aliment coupé en morceaux dans leur assiette. Pour cette raison, nous expliquons quotidiennement aux enfants de quoi sont composés les menus du jour ainsi que les goûters. Selon l’organisation, les fruits sont parfois préparés avec eux, en présence de l’adulte.

L’ECOUTE, LE RESPECT DE SOI ET DES AUTRES

L’équipe se tient disponible afin que les enfants se sentent écoutés et puissent se développer dans un climat de confiance et dans un cadre adapté à leurs besoins.
Dans cette collectivité, nous allons aider l’enfant à se confronter aux autres pour qu’il ose s’exprimer, apprenne à échanger, à négocier, à respecter les règles institutionnelles, les différences culturelles.
Petit à petit, au travers de saines relations, l’enfant apprend à apprivoiser sa propre nature émotionnelle et peut de ce fait entrer en contact avec les autres de manière adéquate. Chaque enfant sera respecté par les autres, ainsi que par chaque membre de l’équipe dans l’acceptation de ses différences, qu’elles soient liées à sa nationalité, sa religion, ses idées et parfois son handicap.
Pour ce faire, chacun est amené à favoriser le dialogue et à répondre aux questionnements des enfants sans exprimer de jugement de valeurs.

LA PREVENTION

Le personnel encadrant a un rôle de dépistage à jouer.
Lors d’une difficulté, problématique ou questionnement autour d’un enfant, l’éducatrice en fait part aux autres membres de l’équipe, qui recherchent ensemble des solutions et moyens d’actions appropriés, afin d’y répondre au mieux.
L’observation individuelle de chaque enfant par les professionnelles permet d’adapter ses actions et interventions quotidiennes auprès de chacun de manière différenciée.
C’est au travers de sa relation et des jeux proposés aux enfants que le personnel éducatif va pouvoir agir : par exemple, les enfants ayant un trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité (TDAH) ou de la dyslexie ont souvent également des difficultés au niveau de la coordination motrice. Le personnel éducatif peut alors mettre en place des activités de mouvement qui permettront à l’enfant l’élaboration d’une image positive de soi, une intégration par le jeu dans le groupe d’enfants, une envie de s’investir dans les apprentissages. Le dialogue joue également un rôle important dans la relation de confiance qui se crée entre l’enfant et l’adulte.

L’AUTONOMIE ET LA SOCIALISATION

Pour que les enfants puissent développer leurs relations sociales et se tourner vers leurs pairs, il nous semble indispensable qu’ils puissent entrer dans un processus d’autonomie vis- à vis des adultes qui les encadrent au quotidien.

L’outil principal que l’éducateur a à sa disposition pour renforcer la socialisation et créer du lien est sa propre personne, son savoir être et son savoir faire. Ceci demande une profonde introspection et une remise en question personnelle et professionnelle continue.

L’idée de favoriser l’autonomie de l’enfant passe par une réflexion sur la place de l’adulte au sein des jeux des enfants, ainsi que sur le type d’activités proposées aux enfants et sur l’aménagement de l’espace.

L’équipe éducative a pour rôle dans ces moments-là de favoriser un climat de confiance chaleureux et bienveillant. Sa capacité à observer les dynamiques de groupe et les dynamiques individuelles permettra aux membre de l’équipe éducative d’intervenir de manière la plus adéquate possible.

A nouveau, le jeu a une grande importance, puisqu’il favorise l’apprentissage de la connaissance de soi. Il aide l’enfant à développer son individualité et son initiative personnelle. Dans le jeu libre, l’enfant apprend à s’orienter vers le jeu qui lui convient le mieux.

LE MOUVEMENT

Le développement moteur est un concept qui englobe un ensemble de fonctions anatomiques, physiologiques, neurologiques et psychologiques assurant les mouvements. Le terme « psychomotricité » est également utilisé pour illustrer ce lien entre le cerveau (psyché) et le corps (motricité).

Le développement de la motricité globale permet à l’enfant d’acquérir l’équilibre, la coordination et d’utiliser ses grands muscles afin de maîtriser certaines activités physiques comme s’asseoir, marcher, courir, grimper, sauter, lancer un ballon etc. Il est étroitement lié au développement de la motricité fine (écriture, habillage, confection de certains bricolages, tenue des services à table, etc)

Le mouvement et les expériences motrices favorisent la construction du schéma corporel de l’enfant (ex : nommer les différentes parties du corps) et des repères dans le temps et l’espace (ex : tracer des cercles avec les bras sans toucher son camarade).

Plus les enfants grandissent, plus ils ont besoin de prendre part à des jeux soutenus ou vigoureux. Une étude québecoise relève que la pratique d’activités et de jeux à intensité élevée (comme courir et sauter) devrait augmenter progressivement pour atteindre un minimum de 60 minutes par jour à l’âge de 5 ans.
De plus, le jeu à l’extérieur offre des occasions d’apprentissage différentes que celles que procure le jeu à l’intérieur. Lorsqu’un enfant joue dehors, il a l’occasion de prendre des décisions et de résoudre des problèmes dans un environnement où les stimulis et les conditions varient constamment (vent, sons, terrain inégal, etc.). De plus, il permet de diminuer les tensions et le taux d’aggressivité.

Les avantages du mouvement chez l’enfant :
  • Réduction des retards de développement moteur
  • Prévention d’éventuel échec scolaire lié à des troubles psychomoteurs
  • Prévention des troubles du comportement
  • Renforcement des capacités d’adaptation et d’apprentissage
  • Amélioration de la maîtrise émotionnelle en cas de stress
  • Soutien de la récupération des fonctions psychomotrices réduites ou perturbées.
Dans le cadre de l’UAPE, voici les diverses activités mises en place afin de favoriser le développement de la motricité globale et fine :

Equilibre
  • Jeu de la marelle
  • Trottinette
  • Roller
  • Vélo
  • Pédalier
Latéralité
  • Se servir à manger
  • Se servir à boire
  • Débarrasser la table
  • Jeux de construction (kaplas)
Coordination
  • Foot
  • Tennis
  • Frisbee
  • Jeu de quilles
  • Lancer du cerceau
  • Danser (cerceau et chaises musicales)
  • Corde à sauter
Sensibilité
  • Activités de cuisine : odeur, texture,etc.
  • Déguisement
  • J’écoute et je reconnais (inventer et écouter des histoires)
  • Objets cachés dans un sac, et l’enfant tente de les reconnaître en mettant la main dans le sac sans regarder
  • Faire goûter à l’enfant différents aliments les yeux fermés
Relaxation et respiration
  • Divers exercices de relaxation et respiration
  • Jeu de se dessiner des lettres dans le dos et de les deviner
  • Faire de la boxe imaginaire pour faire augmenter les pulsations cardiaques et ainsi faire prendre conscience à l’enfant de sa respiration
Structuration spatiale et temporelle
  • Spatiales : dedans/dehors ; dessous/dessus ; large/fin etc.
  • Temporelles : horloge du temps : aujourd’hui/demain ; nuit/jour ; saisons, avant/après, etc.
Il est important de garder en tête que chaque enfant est unique, qu’il développe ses capacités à son propre rythme et que l’acquisition des habiletés motrices est tributaire de la croissance, de la maturation et de la stimulation par l’environnement.